La fabrique robotique repose sur une conviction simple : l'artisanat et la robotique sont complémentaires. L'artisanat c'est l'humain d'abord, celui qui porte la volonté de créer et ressent l'émotion ; il s'accomplit dans la réalisation. La robotique apporte l'endurance, la répétabilité, la puissance et la précision là où c'est nécessaire. Une intelligence artificielle frugale avec des modèles légers, exécutés localement, peut compléter ce duo en apportant la connaissance globale et en réduisant les barrières techniques avec la machine. Ensemble, ils forment quelque chose de nouveau : un nouveau métier, un nouveau modèle, une nouvelle géographie de production.
Entre le fablab et l'usine industrielle, il existe un espace vide. Des milliers d'artisans, de créateurs et de petites entreprises ont besoin d'une capacité de production locale, flexible et fiable, et ne trouvent rien entre les deux. Une pièce en petite série se commande aujourd'hui à l'autre bout de l'Europe ou en Asie, avec des semaines de délai. C'est cet espace que la fabrique robotique veux occuper : une fabrication sur mesure, distribuée dans les territoires, au plus près du besoin.
Tout commence à Marseille, dans un petit atelier où je remets en service deux bras robotiques issus de l'industrie automobile. Avec ces machines industrielles de seconde main, remises en service plutôt que mises au rebut, je construis en ce moment même, brique par brique, une première cellule autonome de fabrication. Son pilotage reposera sur des outils issus de l'open source qui transformeront une intention de fabrication en opérations robotisées.
Mon ambition n'est pas la course à la croissance, mais de démontrer la possibilité d'un nouveau modèle sobre, rentable et local.
Ce projet est ouvert, c'est une invitation. Si vous êtes artisan, ingénieur, PME ou collectivité à la recherche d'une fabrication locale, ou si vous croyez en ce modèle et voulez y contribuer, parlons-en !
Loïc Tournier — Fondateur
La Fabrique Robotique, Marseille